Le peloton de tête de 4 coureurs au km 4....
Le dimanche 16 avril 2006, je débute l'athlétisme en tant que non licencié en courant la 1ère édition des Foulées de la Baie de Somme, proposant un parcours de 15 km, dont les 5 premiers sur la plage. 3 ans plus tard, pour ma 4e participation, je remporte cette course qui me tenait à coeur.
29e en 1h03'02" en 2006 (1er cadet), 8e en 1h00'07" en 2007 (1er junior), 2e en 53'47" en 2008 (1er espoir), j'atteins ainsi mon objectif et boucle donc d'une belle manière 3 saisons passées au sein du SC Abbeville Athlétisme.
Seulement 6 jours après les 33'42" aux 10 km d'Arras, je ressens mes jambes lourdes pendant l'échauffement et le vent d'ouest qui souffle fort risque de ne pas arranger cette sensation. Comme décrit ci-dessus, je ne me présente pas dans la même configuration de course que la semaine passée : à Arras, j'avais un objectif purement chronométrique, alors qu'en ce samedi 5 septembre 2009, peu importe le temps à l'arrivée, je veux cette victoire, qui m'avait échappé de 4 petites secondes l'an passé ; en cela, il s'agit davantage d'une course tactique.
Le peloton se lance sur la plage peu après 15h30 à assez vive allure. Je me place alors en queue du premier peloton qui se détache avec 6-7 membres. A l'image d'une échappée de coureurs cyclistes, les coureurs se disposent en décalage les uns derrière les autres pour s'abriter et prennent des relais à tour de rôle. Le rythme semble ralentir face au vent lorsqu'une qu'une petite accélération provoquée vers le km 3 ne laisse plus que 4 coureurs aux avant-postes.
Au terme de la portion sableuse de 5 km, à l'endroit même où Laurent Carreel m'avait distancé l'an passé, celui-ci accélère... Nous ne sommes plus que 3 ! Je gère mon effort au mieux. Je ne me soumets pas à mener lorsque le vent est de côté, lorsque mes adversaires tentent de me fatiguer de cette manière, mais maintiens mon allure malgrè les frottements ostensibles du coureur du CBS. Au niveau du second ravitaillement, à hauteur du km 11, je me retrouve un peu détaché devant, et sens qu'il ne reste qu'un coureur dans ma foulée. Je ne sais pas de qui il s'agit jusqu'au moment où il me fait "une queue de poisson". Mettant ma main pour me - nous - protéger de la chute, ce coureur du CBS m'agresse verbalement en retour... (déroutant ! Quoique...)
Sans dire quoique ce soit, je continue sur la même allure alors que nous nous apprêtons, côte à côte, à entamer la portion la plus difficile, 2,5 km sur une digue avancée dans la baie de Somme et surtout face au vent qui redouble de force. Je savais que l'endroit correspondait au dessein de ma victoire. L'adversaire ne souhaitant visiblement pas donner l'allure, je n'étais pas davantage décider que lui à la donner. Une véritable course tactique s'instaure, l'allure devient celle d'un footing. Au moment où l'on passe la ligne des 13 km, je me retourne vers lui, empreint de sueur, et juge que l'instant est opportun pour déclencher un démarrage soudain et "explosif". Je ne prends pas la peine de me retourner, je sais que l'écart est fait, même si je me "désunis" un peu du fait du vent, jusqu'au passage de l'écluse à 1 km de l'arrivée. J'aborde prudemment le final tortilleux et franchis la ligne d'arrivée sous les applaudissements de circonstance, au terme de 54'57" d'effort.
Personnellement, dans la lignée des 10 km d'Arras, il s'agit d'une belle récompense de mes efforts fournis à l'entraînement et le fruit d'un certain plaisir à courir tout simplement !...
Le classement général